Site dédié Enregistrements Vidéos choisiesComplainte de l'estropié - Gaston Couté
Au vieux moulin bieauceron Qui tourne quand la bis'vente, Qui tourne en faisant ron ron Comme un chat qui s'chauffe el'vent'e, Refrain Y'avait eun' fois un pauv'gâs Qu'avait pour viv' que ses bras. I'trimait à s'échigner, En s'maine et mème el'dimanche, Pour qu'les mangeux d'pain gangné N'n'ayin toujou's su'la planche. Mais, un jour que son moulin Grugeait du blé pour la gueule Des bourgeoisieaux du pat'lin, S'fit prende el'bras sous la meule... Et, d'pis qu'i peut pus masser, I's trouv' sans l'sou et sans croûte ; Mais ceuss' qu'il a engraissés, Tous les bourgeoisieaux, s'en foutent... Car l'vieux moulin bieauceron Tourn' toujou's quand la bis'vente, Tourn' toujou's, en f'sant ron ron Comme un chat qui s'chauffe el'vent'e... Et gn'a core eun aut' meugnier Qui trim' la s'maine et l'dimanche Pour qu'les mangeux d'pain gangné N'n'ayin toujou's su'la planche !...
BIOGRAPHIE Gaston Couté est né à Beaugency dans le Loiret, le 23 septembre 1880, puis habitant dès 1882 à Meung sur Loire " le méchant bourg de trois mille âmes...". Son père était meunier au Moulin de Clan , au hameau de Roudon. Certificat d'études primaire à 11 ans, puis lycée Pothier à Orléans qu'il quittera à 17 ans pour travailler à la recette générale d'Orléans. Mais il ne se sent pas fait pour cette vie-là ! Dès son plus jeune âge, il est confronté aux règles, coutumes, traditions et rapports de force d'une société rurale cramponnée à sa terre et à ses valeurs ancestrales, au premier desquelles la religion, fonctionnant sur une organisation sociale et des rapports de classe quasi féodaux. Adolescent, il commence à écrire ses premiers poèmes, dans lesquels il porte un jugement sans complaisance sur le monde paysan qui l'entoure. Pour s'exprimer, il emploi le patois beauceron, il célèbre tout ce qui touche la nature avec ses beautés et ses bienfaits, tout en dénonçant avec force les riches fermiers qui exploitent les journaliers. Il fustige également les hypocrisies sociales et les faux bons sentiments... 1898 : devenu reporter au " Progrès du Loiret ", il publie ses premiers poèmes dont " Le champ de Naviots ". En Octobre de cette même année, il monte à Paris : premiers cabarets Boulevard Rochechouard, puis " L'Ane Rouge " avenue Trudaine et " Les Noctambules " où il rencontre Jehan Rictus, l'auteur des " Soliloques du pauvre ". D’autres célèbres cabarets Montmartrois l’accueilleront, " Les Funambules "," Le Carillon " etc… Avant de connaître le succès, l’un de ses premiers cachets artistiques fut pourtant... Un p’ tit crème !!! Eté 1899 : voyage à pied avec Maurice Lucas de Paris à Gargilesse (36) pour répondre à l’invitation de Gabriel Lion et de Claude Jamet, artistes en ce village... Itinéraire passant par Orléans, Blois, Cour-Cheverny, Romorantin, Mennetou, Vierzon, Mehun sur Yèvre, Bourges, St Florent, Issoudun, Châteauroux et enfin Gargilesse, puis retour à Paris. Au cours de cette équipée, Couté déclame ses textes, le soir, tandis que Lucas exécute sur le vif des pastels qui sont vendus au cours d’une tombola. A Châteauroux, ils sont accueillis au Pierrot Noir, cabaret renommé à l’époque, et le texte des Conscrits naîtra vraisemblablement à Déols, où il provoquera d’ailleurs quelques incidents, d’après les souvenirs de Maurice Brimbal, du Pierrot Noir. 1899 -1900 : il n'a pas vingt ans et il écrit ses plus beaux poèmes dont L'Ecole, Le Christ en bois, Les Gourgandines. Il prend souvent alors le pseudonyme de Pierre Printemps ou de Gaston Koutay. 1902 : période de succès dans les cabarets. Il rencontre notamment Poulbo, Modigliani, Picasso, etc... au " Lapin Agile ", l’un des plus célèbres cabarets Montmartrois. 1910 : il collabore aux revues "la Barricade" et "La Guerre Sociale" avec des chansons d'actualité. 28 Juin 1911 : décès à l'hôpital Lariboisière, d'une phtisie galopante - tuberculose - qui l’emporte en quelques jours. Il avait 31 ans. 1916 : Un "poilu" de la guerre 14-18, jeune professeur de lettres, Romain Guignard, natif de la région d’Issoudun, s’efforce de retrouver l’œuvre du Poète, dont il a découvert les textes, dans les tranchées, dits par un soldat ! Dès lors, sa vie durant, il n’aura de cesse de les mieux faire connaître. 1928 : Les textes sont regroupés et édités sous le titre : " La Chanson d'un Gâs qu'a mal tourné " 1957 : A deux pas du Lapin Agile, à Montmartre, une rue est inaugurée Rue Gaston Couté. 1970 : Vania ADRIENSSENS, Bernard MEULIEN et Gérard PIERRON ainsi que les Editions" Le Vent du Ch'min " nous font redécouvrir ce poète du Terroir. De nombreux interprètes les suivront, en ces Ch’ mins de Traverse, chacun ayant à cœur de mieux faire connaître la poésie de Gaston COUTE.
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